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ZNIEFF 730011211
Causse du Larzac

(n° régional : Z1PZ2325)

Commentaires généraux

La ZNIEFF de type 2 du « causse du Larzac » se situe au sud-est du département de l’Aveyron. D’une superficie de 53 607 ha, elle concerne 21 communes aveyronnaises et 5 communes héraultaises. Il s’agit d’un haut plateau calcaire cerné de falaises et de versants marneux et dont les altitudes varient de 390 à 921 m. Cette gamme d’altitudes, les diverses influences climatiques (méditerranéennes, continentales et atlantiques) et les variabilités d’exposition engendrent une nature des plus variées sur le site. De plus, soumis à de fortes précipitations, le plateau du Larzac, dont le substrat est essentiellement calcaire et dolomitique, est largement érodé, ce qui a donné naissance à de grandioses chaos ruiniformes et à un vaste réseau karstique.

La richesse de ces chaos dolomitiques est remarquable. Aussi bien les roches affleurantes que les arènes de dégradation portent notamment une flore riche en taxons endémiques des Grands Causses : l’Armérie faux jonc (Armeria girardii), l’Aster des Cévennes (Aster alpinus subsp. cebennensis), la Fétuque de Christian Bernard (Festuca christiani-bernardii), les Ophrys de l’Aveyron (Ophrys aveyronensis) et d’Aymonin (Ophrys aymoninii) ou encore le Thym de la dolomie (Thymus dolomiticus) sont de celles-ci. Très localement existe également la Saponaire à feuilles de pâquerette (Saponaria bellidifolia), espèce protégée en France où elle est très rare. L’intérêt ornithologique est également important, avec par exemple les Monticoles de roche et bleu. Mais la plus grande partie de ce causse est occupée par des pelouses méditerranéo-montagnardes rocailleuses de l’Ononidion striatae. On retiendra tout particulièrement leur richesse en fleurs rares et protégées telles que le steppique Adonis de printemps (Adonis vernalis), la Jurinée humble (Jurinea humilis), l’Alsine à fleurs de lin (Minuartia capillacea), la variété tardive de la Pulsatille rouge (Pulsatilla rubra var. serotina), la Scorsonère à feuilles de buplèvre (Scorzonera austriaca subsp. bupleurifolia). On y trouve également de nombreux champignons, comme par exemple le Pleurote du panicaut (Pleurotus eryngii). Pour la faune, on notera une grande richesse ornithologique, avec notamment l’Œdicnème criard, quelques reptiles déterminants (Coronelle lisse et Lézard catalan), ainsi que l’existence de cortèges de rares lépidoptères et orthoptères dont fait partie l’Hermite (Chazara briseis), en déclin sur de nombreux sites dans la région. Traditionnellement pâturées par les ovins, ces pelouses sont souvent délaissées, et les végétations de fourrés et d’ourlets de plus en plus représentées, abritant notamment la Marguerite de la Saint-Michel (Aster amellus) et l’Aster à trois nervures (Aster sedifolius subsp. trinervis), tous deux protégés. Ces végétations profitent aux oiseaux, notamment aux Pies-grièches écorcheur, à tête rousse et méridionale. Cette fermeture conduit généralement à l’établissement de chênaies pubescentes qui abritent une forte diversité mycologique, notamment en bolets (Boletus sp.). On y trouve aussi une violette endémique de ce causse, la Violette du Larzac (Viola pseudomirabilis), espèce protégée en Midi-Pyrénées, ainsi qu’une riche coléoptérofaune diversifiée. Localement, à la faveur de ruisseaux ou de versants ombragés existent cependant de belles hêtraies. Ces dernières abritent une intéressante flore montagnarde qui tranche avec celle des pelouses : Aconit tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia), Buphtalme à feuilles de saule (Buphtalmum salicifolium), Gesse printanière (Lathyrus vernus), Prénanthe pourpre (Prenanthes purpurea)... Au sud-ouest du site, sur le plateau du Guilhaumard, ces hêtraies abritent aussi la Fritillaire des Pyrénées (Fritillaria nigra), et les tillaies de pente présentent le rare Fusain à feuilles larges (Evonymus latifolius), arbuste protégé dans la région Midi-Pyrénées. Sur les rebords du site principalement se développent de grandes falaises calcaires riches en espèces déterminantes. Pour la flore, on citera par exemple pour les parties ensoleillées l’endémique français Corbeille d’argent à gros fruits (Hormatophylla macrocarpa), la Grande Uvette (Ephedra major) et la Campanule remarquable (Campanula speciosa subsp. speciosa), et en ombrée l’Ancolie des causses (Aquilegia viscosa subsp. viscosa) et la Saxifrage des Cévennes (Saxifraga cebennensis). Ces falaises, riches en cavités, présentent aussi une grande diversité chiroptérologique avec 9 espèces déterminantes, et ornithologique avec des oiseaux rupicoles tels que le Martinet à ventre blanc, le Crave à bec rouge et le Faucon pèlerin. Quelques rares prairies humides et mardelles artificielles (lavognes) laissent localement s’exprimer une flore hydrophile à aquatique : Vulpin bulbeux (Alopecurus bulbosus), Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris), Orchis punaise (Orchis coriophora subsp. coriophora)..., souvent associée à une grande richesse en amphibiens tels que le Triton marbré. Enfin, mention spéciale doit être faite de l’existence de nombreuses cultures maigres abritant encore une riche flore messicole, certaines espèces comme la Turgénie à larges feuilles (Turgenia latifolia) n’étant plus connues en Midi-Pyrénées que de ce causse.

Commentaires sur la délimitation

Les limites du site du « causse du Larzac » correspondent en grande partie (au nord, à l’est et à l’ouest) aux limites physiques de ce vaste haut plateau. Au sud, le site s’arrête autour de la limite régionale, intégrant cependant quelques données héraultaises disponibles.