ZNIEFF 820030248
Ile de la Platière

(n° régional : 26010020)

Commentaires généraux
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Commentaires sur la délimitation

Cet ensemble est formé par les boisements alluviaux, les prairies naturelles et le cours du Rhône situés entre le barrage de St Pierre de Bœuf (dans le département de la Loire) et le pont de Sablons (dans l'Isère). Aux abords, les activités humaines concernent principalement l'agriculture (grandes cultures céréalières), la populiculture et l'industrie (prélèvements en eau dans la nappe phréatique). L'utilisation du site par un tourisme respectueux des enjeux environnementaux tend à se développer. Il s'agit d'un témoin précieux de l'ancienne dynamique du fleuve, antérieure aux aménagements qui l'ont confiné dans un chenal unique, puis qui ont dérivé la majeur partie de son débit dans le canal de navigation. Un grand nombre de "lônes" (bras secondaires du Rhône) y subsistent, certaines encore en eau, d'autres asséchées. L'imbrication des différents milieux : forêts, milieux humides et aquatiques, prairies, est étroite ; elle contribue à l'échelle de la plaine alluviale au maintien d'une mosaïque naturelle particulièrement diversifiée. L'influence continentale est ici dominante. Néanmoins, les nuances sub-méditerranéennes sont déjà marquées ; elle sont mises en évidence notamment par la composition floristique des boisements. Ainsi, les habitats naturels et espèces remarquables de la zone biogéographique continentale sont ici privilégiés, mais d'autres éléments caractéristiques de la zone sub-méditerranéenne méritent également d'être cités, compte tenu notamment de leur présence ici en limite nord de l'aire de répartition géographique. Les habitats présents, du fait de leur caractère rélictuel, présentent un intérêt majeur à l'échelle de la vallée du Rhône en aval de Lyon.- Ainsi, le massif de forêt alluviale est le plus vaste qui subsiste entre Lyon et Avignon ; il conserve en outre des portions très peu aménagées d'un grand intérêt compte-tenu de la rareté globale des forêts à caractère naturel en Europe de l'Ouest. Celles-ci abritent près de 20% des espèces végétales remarquables de la plaine alluviale, dont une espèce d'orchidée endémique (c'est à dire dont l'aire de répartition est limitée à une zone géographique restreinte) propre aux forêts de la vallée du Rhône : la bien nommée Epipactis du Castor.- Les prairies alluviales, dont ne subsiste qu'une cinquantaine d'hectares dans la moyenne vallée du Rhône (dont trente dans le secteur de la Platière), constituent un autre groupement remarquable, abritant de même entre 20 et 25 % des espèces végétales remarquables de la plaine alluviale.- Les milieux aquatiques et semi-aquatiques : vieux-Rhône, lônes, mares, mégaphorbiaies (formations à hautes herbes), constituent les éléments structurant et fonctionnels majeurs de la plaine, autour desquels s'organisent les autres habitats naturels. Près de 60% des plantes remarquables présentes ici sont plus ou moins directement inféodées à ces milieux. Le site abrite ainsi quarante-neuf espèces végétales et trente espèces animales remarquables (quatorze oiseaux, six invertébrés, six poissons, quatre reptiles, amphibiens et mammifères) ; seize autres espèces animales méritent également d'être prises en compte. La plupart d'entre-elles sont étroitement liées aux habitats de plaine alluviale (forêts, prairies, milieux aquatiques), et présentent donc un intérêt majeur du fait de la rareté générale des espaces naturels alluviaux préservés, tant à l'échelle du bassin de Rhône qu'à celle de l'Europe de l'Ouest. D'un point de vue fonctionnel, cet espace conserve la particularité d'être encore fortement soumis aux crues du fleuve, puisque l'intégralité est inondée par les crues de fréquence décennale. Même si la dynamique fluviale et le fonctionnement hydraulique ont été profondément modifiés par les aménagement successifs, les habitats conservent ainsi une relation privilégiée avec le fleuve, notamment grâce à la nappe phréatique et aux crues. De même, des superficies importantes de boisements alluviaux artificialisés continuent néanmoins de jouer un rôle fonctionnel important, assurant notamment la continuité du massif boisé et contribuant au maintien d'une ambiance forestière, ou favorisant l'écrêtement des grandes crues et la protection de la qualité de la nappe phréatique. Ces boisements "interstitiels" contribuent également le maintien de nombreuses espèces animales et végétales remarquables (zones de refuge, de reproduction, d'alimentation). Le cours du vieux-Rhône et les lônes assurent la continuité biologique entre les différents habitats, et forment un élément du "corridor naturel" constitué par le fleuve tout entier à l'échelle de la région Rhône-Alpes. Les potentialités biologiques d'un tel site sont encore importantes. Il bénéficie d'une gestion conservatoire, qui vise à restaurer certains milieux altérés par les aménagements du Rhône ou d'autres activités humaines. C'est notamment le cas de certaines anciennes lônes, de prairies alluviales, ou de parcelles de forêt aménagée qui, une fois les opérations de "restauration écologique" réalisées, pourront recouvrer un grand intérêt naturaliste.