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8210-13 - Falaises et rochers dolomitiques supraméditerranéens

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Étage supraméditerranéen.
Se développe à toutes les expositions, mais présente un optimum de développement aux expositions froides (nord principalement).
Se développe sur les fentes et les petites poches sableuses des parois, des rocailles subverticales dolomitiques dépourvues en permanence de neige.
La très forte déclivité et le ruissellement intense entraînent une érosion (particulièrement rapide chez ce type de roche) et un rajeunissement fréquent de la paroi s’opposant à l’édification d’un sol proprement dit. C’est seulement au niveau des fissures et des replats que peuvent se développer des fragments de lithosol (mélange de minéraux et d’humus noir de type mull) ; le taux de CaCO3 de la terre fine est élevé (plus ou moins 50 %).

Variabilité

Diversité typologique en rapport avec la localisation géographique :
- Massif central méridional (entre 600 et 800 m) : falaises à Kernéra des rochers et Sabline hérissée [Kernero saxatilis-Arenarietum hispidae], avec : Linaire à feuilles d’origan (Chaenorrhinum origanifolium), Érine des Alpes (Erinus alpinus), Drave faux aïzoon (Draba aizoides) ;
- basse Provence (entre 500 et 1 000 m) : falaises à Linaire à feuilles d’origan et Gaillet très grêle [Chaenorrhino origanifolii-Galietum pusilli], avec : Sabline modeste (Arenaria modesta), Matthiole fruticuleux (Matthiola fruticulosa).

Physionomie, structure

Le degré de recouvrement est faible (inférieur à 5 %) en liaison avec l’érosion très rapide de ces roches.
La végétation est essentiellement composée d’hémicryptophytes et de chaméphytes.
Les espèces végétales se développant sur ces milieux comprennent moins de chasmophytes stricts que les falaises de calcaire compact du Potentillion caulescentis [Code UE : 8210]. Les espèces issues d’éboulis et de pelouses rocailleuses sont nombreuses.
Présence de quelques nanophanérophytes de fourrés telles que l’Amélanchier à feuilles ovales (Amelanchier ovalis subsp. ovalis), le Buis (Buxus sempervirens), le Genévrier rouge (Juniperus phoenicea) du Rhamno lycioidis-Quercion cocciferae [Code UE : 5110 et 5210, Code Corine : 32.1321 et 31.82].

Confusions possibles

Avec les falaises et rochers de calcaires compacts :
- du Saxifragion lingulatae [Code UE : 8210, Code Corine : 62.13], Alpes-Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence et Var ;
- de l’Asplenion glandulosi [Code UE : 8210, Code Corine : 62.11], à plus basse altitude à l’étage mésoméditerranéen ;
- du Potentillion caulescentis [Code UE : 8210] ;
- des situations ombragées, fraîches du Cystopteridion fragilis [Code UE : 8110, Code Corine : 62.152] présentant une plus grande importance de mousses et de fougères.

Dynamique

La végétation de cet habitat s’installe au niveau des fissures présentant une couche suffisante d’humus noir (apport par les eaux de ruissellements, le vent…).
Cet habitat présente un caractère permanent ; avec l’élargissement des fissures des espèces des pelouses mésoxérophiles des ubacs du Seslerion elegantissimae [Code Corine : 34.712], des chênaies supraméditerranéennes du Buxo sempervirentis-Quercenion pubescentis [Code Corine : 41.711] et des hêtraies calcicoles mésoxérophiles à xéroclines du Cephalanthero-Fagion sylvaticae [Code UE : 9150, Code Corine : 41.16] peuvent s’installer et densifier la végétation.

Habitats associés ou en contact


Au pied ou au rebord de la falaise :
- éboulis calcaires thermophiles du Stipion calamagrostis [Code UE : 8130, Code Corine : 61.311] ;
- chênaies supraméditerranéennes du Buxo sempervirentis-Quercenion pubescentis [Code Corine : 41.711] ;
- hêtraies calcicoles mésoxérophiles à xéroclines du Cephalanthero-Fagion sylvaticae [Code UE : 9150, Code Corine : 41.16].
Sur vires :
- pelouses mésoxérophiles des ubacs du Seslerion elegantissimae [Code Corine : 34.712] ;
- pelouses xérophiles de l’Ononidion striatae [Code UE : 4090] ;
- pelouses pionnières de l’Alysso alyssoidis-Sedion albi [Code UE : 6110*, Code Corine : 34.11].
Dans les fissures de la falaise :
- junipéraie à Genévrier rouge [Code UE : 5210 ; Code Corine : 32.1321] et buxaie à Amélanchier à feuilles ovales [Code UE : 5110, Code Corine : 31.82] du Rhamno lycioidis-Quercion cocciferae.

Répartition géographique

Falaises à Kernéra des rochers et Sabline hérissée : Massif central méridional (Cévennes et Causses).
Falaises à Linaire à feuilles d’origan et Gaillet très grêle : basse Provence (Bouches-du-Rhône et Var) : massif de Carpiagne et depuis le Pilon du Roi jusqu’à la chaîne de Notre-Dame-des-Anges. Présence très probable dans la Drôme, le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence.

Valeur écologique et biologique

Cet habitat présente trois espèces endémiques de la bordure méridionale du Massif central : Sabline hérissée, Sabline de la Lozère, Gentiane de Coste.

États de conservation

États à privilégier :
Falaises exemptes de toutes activités humaines.

Tendances et menaces

Cet habitat est globalement non menacé.
L’exploitation de la roche peut menacer certains peuplements. L’équipement des voies d’escalade et de via ferrata (avec le nettoyage de la falaise qu’elle implique), la création d’écoles d’escalade ainsi que leur fréquentation intensive peuvent ponctuellement constituer des facteurs de raréfaction de certaines espèces végétales.
Le dérangement répété des sites de reproduction d’espèces animales rupestres peut entraîner leur abandon, en particulier pour les espèces de grands rapaces rupicoles, comme le Grand-duc d’Europe, le Faucon pèlerin, et certaines espèces de chauves-souris.

Axes de recherche

Mise en place de suivi de la reconquête de la végétation sur les surfaces mises à nu suite à des aménagements.
Mise en place de suivi des aires de nidification des espèces animales rupestres.

Fiche du cahier d'habitats (format pdf)
Bibliographie

Bensettiti F., Herard-Logereau K., Van Es J. & Balmain C. (coord.), 2004. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 5 - Habitats rocheux. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 381 p. + cédérom. (Source)