8220-13 - Falaises eu-atlantiques siliceuses

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Étage planitiaire des régions occidentales soumises à un climat atlantique.
Situation de parois verticales à subverticales naturelles (falaises), moins souvent en position artificielle (fortifications, remparts, murs et murets…).
Substrats siliceux pauvres en bases (grès, schistes, granites, gneiss).
Substrats naturellement non ou peu enrichis en azote ; dans les situations artificielles, certaines formes de l’habitat peuvent toutefois s’enrichir en espèces nitrophiles, ce qui peut contribuer à sa variabilité.
Sols très minces des fissures peu profondes faiblement enrichies en humus (lithosols acides).
Expositions variées selon les situations, soit chaudes et éclairées (forme thermophile et héliophile), soit en ambiance d’hygrométrie assez élevée, alors expositions éclairées en bord de mer (mais à l’abri des embruns salés et protégées des vents dominants), plus ombragées vers l’intérieur des terres (chemins creux sombres et pierreux du bocage, sous fourrés notamment), l’ombre assurant le maintien d’une hygrométrie suffisante et de moindres variations temporelles de ce facteur (forme aérohygrophile).

Variabilité

L’habitat présente une variabilité fonction essentiellement des ambiances microclimatiques.
Communauté thermophile et héliophile de versant sud, supportant la dessiccation : association à Nombril de Vénus et Silène de Bastard [Umbilico rupestris-Silenetum bastardii], avec surtout les deux espèces éponymes (Umbilicus rupestris, Silene vulgaris subsp. maritima (bastardii), inclus dans S. vulgaris subsp. maritima), Rumex petite oseille (Rumex acetosella), variant faiblement en :
- forme type sans Fétuque de Leman (Festuca lemanii) ;
- et en forme plus neutrophile à Fétuque de Leman.
Communauté aérohygrophile, très exigeante en hygrométrie locale, indifférente à la lumière, mais supportant peu la dessiccation : association à Nombril de Vénus et Asplénium de Billot [Umbilico rupestris-Asplenietum billotii], avec Asplénium Billot (Asplenium obovatum subsp. billotii), sans variations significatives.

Physionomie, structure

Végétation herbacée vivace, non ou faiblement stratifiée, clairsemée à assez dense sur les parois verticales (30 à 60 % de recouvrement), s’installant à la faveur d’anfractuosités suffisantes pour le développement des rhizomes ; en conditions écologiques favorables (texture de la paroi, degré hygrométrique élevé), toutefois, le recouvrement peut être très élevé (jusque 100 %).
Végétation toujours assez pauvre en espèces en situation naturelle. De par la dominance des dicotylédones, la physionomie de l’association à Nombril de Vénus et Silène de Bastard est assez colorée à la floraison ; il n’en est pas de même pour la seconde forme, plutôt dominée par les fougères.

Confusions possibles

Aucune confusion possible.

Dynamique

Habitat permanent, sans véritable dynamique naturelle.

Habitats associés ou en contact

Association à Nombril de Vénus et Silène de Bastard : aux environs d’Argenton-Château (Deux-Sèvres), le paysage de corniche est composé de pelouses et éboulis thérophytiques à Micropyre aristé (Micropyrum tenellum fo. aristatum) [Arnoseridi minimae-Micropyretum aristati, Thero-Airion praecocis] ou à Cotonnière naine (Logfia minima) et Canche précoce (Aira praecox) [Filagini minimae-Airetum praecocis, Thero-Airion praecocis ; Code Corine : 35.21], pelouses oligotrophiques vivaces à Scille d’automne (Scilla autumnalis) et Orpin blanc (Sedum album) [Scillo autumnalis-Sedetum albi, Sedion anglici] ou à Plantain holostée (Plantago holosteum) et Astérocarpe cendré (Sesamoides purpurascens) [Plantagini holostei-Sesamoidetum canescentis, Sedion anglici ; Code Corine : 35.22], association à Nombril de Vénus et Asplénium de Billot en situation protégé [Code UE : 8220, Code Corine : 62.21], fourré thermophile de corniche à Poirier cordé (Pyrus cordata) et Genêt à balai (Cytisus scoparius) [Pyro cordatae-Cytisetum scoparii, Ulici europaei- Cytision scoparii ; Code Corine : 31.8112].
Association à Nombril de Vénus et Asplénium de Billot :
- en paysage de corniche continentale : pelouses et éboulis thérophytiques à Catapode fin (Micropyrum tenellum) [Narduretum lachenalii, Thero-Airion praecocis] ou à Scléranthe annuel (Scleranthus annuus) et Canche précoce [Sclerantho annui-Airetum praecocis, Thero-Airion praecocis ; Code Corine : 35.21], ourlet thérophytique vernal à Géranium luisant (Geranium lucidum) et Cardamine hirsute (Cardamine hirsuta) [Geranio lucidi-Cardaminetum hirsutae, Drabo muralis-Cardaminion hirsutae], pelouse oligotrophique vivace à Millepertuis à feuilles de linaire (Hypericum linariifolium) et Orpin réfléchi (Sedum rupestre) [Hyperico linarifolii-Sedetum reflexi, Sedion anglici ; Code Corine : 35.22], ourlet thermophile à Germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia) et Silène penchée (Silene nutans) [Teucrio scorodoniae-Silenetum nutantis, Teucrion scorodoniae], fourré thermophile de corniche à Genévrier commun (Juniperus communis) et Genêt à balai [Junipero communis-Cytisetum scoparii, Ulici europaei-Cytision scoparii ; Code UE : 5130, Code Corine : 31.88], localement associations à Nombril de vénus et Silène de Bastard ou à Nombril de Vénus et Asplénium septentrionale [race à Umbilicus rupestris de l’Asplenietum septentrionalis-adianti-nigri, Asplenion septentrionalis ; Code UE : 8220, Code Corine : 62.21] en situation exposée ;
- en paysage de corniche littorale : falaise soumise aux embruns à Doradille marine (Asplenium marinum) [Asplenietum marini, Crithmo maritimi-Armerion maritimae ; Code UE : 1230, Code Corine : 18.21], pelouse thérophytique vernale à Brome de Ferron (Bromus hordeaceus subsp. ferronii) et Canche précoce [Bromo ferronii-Airetum praecocis, Thero-Airion praecocis ; Code Corine : 35.21], pelouse oligotrophique vivace à Dactyle maritime (Dactylis glomerata subsp. hackelii) et Orpin d’Angleterre (Sedum anglicum) [Dactylo marinae-Sedetum anglici, Sedion anglici], ourlet à Germandrée scorodoine et Silène des montagnes (Silene vulgaris subsp. maritima var. montana) [Teucrio scorodoniae-Silenetum vulgaris montanae, Teucrion scorodoniae], lande littorale sèche à Bruyère cendrée (Erica cinerea) [Ulici maritimi- et Ulici humilis-Ericetum cinereae, Dactylo marinae-Ulicion maritimi ; Code UE : 4030, Code Corine : 31.231], végétation de corniche aéro haline à Doradille marine vers la mer [Asplenietum marini, Crithmo maritimi-Armerion maritimae ; Code UE : 1230, Code Corine : 18.21].

Répartition géographique

Association à Nombril de Vénus et Silène de Bastard : connue de certaines parties du Massif armoricain méridional : Deux-Sèvres, Vendée.
Association à Nombril de Vénus et Asplénium de Billot : connue d’une grande partie du Massif armoricain (Basse-Normandie, Bretagne, Vendée) et s’étendant en situations isolées vers l’est (Bassin parisien) et le sud (Poitou-Charente, Limousin, piémont nord des Pyrénées occidentales).

Valeur écologique et biologique

Valeur patrimoniale locale : pas d’espèces protégées au niveau national ; l’Asplénium de Billot est protégée en régions Bretagne, Limousin et Poitou-Charente.

États de conservation

États à privilégier :
Il convient de privilégier les formes les moins eutrophisées, dominées par les fougères et la Silène de Bastard.

Autres états observables :
Formes eutrophisées en situation artificielle de l’association à Nombril de Vénus et Asplénium de Billot ; en outre l’éclaircissement par disparition, par exemple, du couvert ligneux contribue à l’altération de l’ambiance microclimatique et au remplacement de cette association par d’autres (indéterminées, sans Asplénium de Billot) supportant mieux la dessiccation.

Tendances et menaces

Association à Nombril de Vénus et Silène de Bastard : apparemment non menacée, sauf peut-être par les activités de varappe sur les parois.
Association à Nombril de Vénus et Asplénium de Billot : surtout menacée dans les régions intérieures par le rejointoiement des murs et la modification des conditions microclimatiques : mise à la lumière par coupe des arbustes protecteurs, régression des chemins creux et pierreux sombres du bocage ; en outre le piétinement et le nettoyage des couloirs d’escalade consécutifs au développement des activités de varappe lui sont néfastes, par action négative sur les rhizomes et eutrophisation.
Les herbicides semblent être peu utilisés dans les stations de cet habitat.

Axes de recherche

Compléter les données de taxonomie fine sur le groupe vulgaris du genre Silene et leurs correspondances avec l’écologie des diverses formes de l’habitat.

Bibliographie

Bensettiti F., Herard-Logereau K., Van Es J. & Balmain C. (coord.), 2004. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 5 - Habitats rocheux. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 381 p. + cédérom. (Source)