8220-6 - Végétation des surplombs siliceux des étages subalpin et alpin des Pyrénées

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Habitat original des étages subalpin et alpin, pouvant se rencontrer à toutes les expositions, mais manifestant une très légère préférence pour les expositions ensoleillées.
Il occupe un milieu extrême très particulier : les parois siliceuses (granitiques, gréseuses, quartziques ou schisteuses) verticales et le plus souvent en surplomb.
Ces surplombs protègent la végétation de l’insolation directe et des précipitations.
pH de la terre fine légèrement acide.
Cet habitat paraît lié à une nette continentalité climatique.

Variabilité

Une seule association homogène a été décrite dans les Pyrénées centrales dont elle est endémique : association à Androsace des Pyrénées (Androsace pyrenaica) [Androsacetum pyrenaicae].
Noter l’absence dans ce groupement de l’Androsace de Vandelli (Androsace vandellii).

Physionomie, structure

Étant donné les conditions extrêmes de son biotope, cet habitat se caractérise par un nombre restreint d’espèces, dominées par des hémicryptophytes et des chaméphytes rupicoles en coussinet.
Les plantes colonisent les fissures fines des parois avec un recouvrement très faible de 5 % en moyenne (rarement jusqu’à 25 % au niveau des fissures). Le pH des fines particules terreuses ou poussiéreuses remplissant ces fissures est toujours légèrement acide, mais la présence de traces de calcaire actif permet souvent la présence de certaines espèces plutôt calcicoles comme la Saxifrage paniculée (Saxifraga paniculata).
Ces plantes sont particulièrement adaptées, non seulement comme tous les chasmophytes, à supporter des grands écarts de température et d’hygrométrie, combinés à un balayage par le vent, mais en plus, à résister à de longues périodes sèches imposées par la topographie en surplomb des biotopes. De très légers suintements et la condensation de l’eau se produisant au niveau des parois peuvent alors suffire à l’alimentation en eau de ces végétaux très frugaux.

Confusions possibles


Habitat à ne pas confondre avec les autres habitats des pentes rocheuses siliceuses compactes des Pyrénées :
- communautés végétales des rochers siliceux, de préférence exposés au sud, des étages subalpin et alpin [Code UE : 8220], notamment groupement à Saxifrage d’Irat [Saxifragetum iratianae];
- communautés végétales des fissures des parois verticales, parfois en surplomb, des rochers siliceux pauvres à riches en bases, suintants ou humides une bonne partie de l’année, des étages montagnard à alpin [Code UE : 8220] ;
- communautés à Armoises (Artemisia umbelliformis subsp. eriantha) [Code UE : 8220] des rochers siliceux de l’étage alpin.

Dynamique

Cet habitat présente un caractère nettement permanent.

Habitats associés ou en contact

Étant donné ses conditions stationnelles très particulières, habitat rarement en contact direct avec d’autres, hormis parfois le groupement à Saxifrage d’Irat [Saxifragetum iratianae]. Le plus souvent, cet habitat se trouve entouré de parois rocheuses dépourvues de végétation.

Répartition géographique

Habitat endémique des Pyrénées centrales, bien représenté dans le Haut-Aragon sur le versant espagnol ; sa répartition reste à préciser sur le versant français dans la partie orientale de l’Ariège, dans la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées.

Valeur écologique et biologique

Habitat rarissime endémique des Pyrénées centrales, représentant le biotope optimal de l’Androsace des Pyrénées (espèce protégée au niveau national).
Il possède des espèces endémiques pyrénéennes comme la Saxifrage d’Irat et la Saxifrage pubescente.
Il peut représenter un biotope de nidification d’espèces d’oiseaux protégées au niveau national : Tichodrome échelette (Tichodroma muraria).

États de conservation

États à privilégier :
Stade de l’habitat à la composition floristique optimale.

Autres états observables :
États fragmentaires à la composition floristique moins optimale.

Tendances et menaces

Globalement non menacé actuellement, cet habitat peut potentiellement faire l’objet de menaces directes de destruction partielle ou totale par la pratique de l’escalade (équipement de voies en surplomb) non respectueuse de la végétation et des sites de nidification d’oiseaux rupicoles.
Il peut également faire l’objet de menaces indirectes à long terme : cueillettes abusives de certaines espèces rares, pollution atmosphérique près des axes de circulation, évolution dans le cadre d’un changement climatique global.

Axes de recherche

Préciser la répartition géographique.
Il serait intéressant de faire un suivi à long terme de cet habitat afin de connaître son évolution éventuelle lors d’un changement climatique global.

Bibliographie

Bensettiti F., Herard-Logereau K., Van Es J. & Balmain C. (coord.), 2004. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 5 - Habitats rocheux. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 381 p. + cédérom. (Source)