4030-11 - Landes acidiphiles montagnardes de l'Est

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Étages montagnard moyen et supérieur à subalpin inférieur (entre 500 et 1 250 m d’altitude).
Climat assez humide (précipitations supérieures à 1 000 mm/an) et frais (nombre de jours de gelées par an supérieur à 120).
Substrat siliceux (granite, grès…).
Sol très acide (pH égal ou inférieur à 5), de type podzolique.
Pente et exposition variables.
Milieu mésohydrique et oligotrophe.

Variabilité

Un type principal : lande à Callune vulgaire et Airelle rouge [Calluno vulgaris-Vaccinietum vitis-idaeae], avec les variantes suivantes :
- variante pionnière à Lycopode en massue (Lycopodium clavatum) et parfois d’autres Lycopodes plus rares [Lycopode petit cyprès (Diphasiastrum tristachyum), des Alpes (D. alpinum), de Zeiller (D. zeilleri), d’Issler (D. x issleri), d’Oellgaard (D. oellgaardii)], avec en outre des lichens [Cladonies (Cladonia pl. sp.)] et bryophytes des stades pionniers ; elle apparaît après mise à nu du sol par décapage ou étrépage (par exemple en bordure de sentier ou de piste forestière, sur des pistes de ski, etc.) ;
- variante à Nard raide (Nardus stricta) et Fétuque rouge (Festuca gr. rubra), enrichie en espèces des pelouses [Méum fausse athamanthe (Meum athamanticum), Agrostide capillaire (Agrostis capillaris)], elle caractérise les zones faisant ou ayant fait l’objet d’un pâturage extensif.

Physionomie, structure

Lande secondaire dominée par des chaméphytes : Myrtille (Vaccinium myrtillus), Airelle rouge (Vaccinium vitis-idaea), Callune vulgaire (Calluna vulgaris)…
Souvent ponctuée de ligneux colonisateurs : Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), Bouleau verruqueux (Betula pendula), Épicéa (Picea abies), Pin sylvestre (Pinus sylvestris)…

Confusions possibles

Avec la pelouse acidiphile à Fétuque rouge et Genêt sagitté (Genista sagittalis) où les espèces des pelouses sont plus nombreuses et où les chaméphytes régressent (Festuco rubrae-Genistetum sagittalis) [Violion caninae, code UE : 6230*].
Avec la lande à Callune vulgaire et Genêt poilu (Genista pilosa) de l’étage collinéen et montagnard inférieur où les espèces montagnardes comme l’Airelle rouge sont absentes (Calluno vulgaris-Genistetum pilosae) [Genisto pilosae-Vaccinion uliginosi, code UE : 4030].

Dynamique

Spontanée :
Habitat secondaire résultant du déboisement des sapinières de l’étage montagnard et des hêtraies à Érable sycomore (Acer pseudoplatanus) de l’étage subalpin inférieur des Vosges. L’arrêt des activités pastorales extensives qui assurent son maintien entraîne son retour spontané vers le climax forestier.

Liée à la gestion :
Un étrépage, par exemple sur talus de chemin forestier, permet le développement d’un stade pionnier riche en Cladonies et abritant parfois des Lycopodes rares.
Une gestion pastorale significative va conduire à sa substitution par la pelouse à Fétuque rouge et Genêt sagitté à l’étage montagnard (Festuco rubrae-Genistetum sagittalis) et par celle à Violette jaune et Nard raide à l’étage subalpin (Violo luteae-Nardetum strictae).

Habitats associés ou en contact

Pelouse acidiphile montagnarde à Fétuque rouge et Genêt sagitté (Festuco rubrae-Genistetum sagittalis) [Violion caninae, code UE : 6230*].
Sapinière acidiphile vosgienne [Vaccinio vitis-idaeae-Abietenion albae, code Corine : 42.13].
Pineraie acidiphile vosgienne [Dicrano undulati-Pinion sylvestris, code Corine : 42.522].

Répartition géographique

Étage montagnard moyen et supérieur et étage subalpin inférieur du massif vosgien. Connu des hautes Ardennes belges, mais présence éventuelle dans les Ardennes françaises à confirmer.

Valeur écologique et biologique

Habitat oligotrophe acidiphile en voie de forte régression par suite de l’abandon des pratiques agricoles extensives, de valeur patrimoniale élevée. Cet habitat ne se maintient plus que de manière ponctuelle et éphémère, en particulier en bordure de peuplements forestiers.

États de conservation

États à privilégier :
Stades pionniers qui sont les plus remarquables par l’originalité de leur flore cryptogamique (lichens, bryophytes, ptéridophytes), en particulier lorsque ceux-ci sont colonisés par des Lycopodes, comme la piste du Hochfeld au Champ du feu ou certains talus de pistes forestières.

Tendances et menaces

L’enrésinement volontaire des landes relictuelles conduit à la disparition de cet habitat.
L’abandon des pratiques agricoles extensives aboutit progressivement au même résultat.

Potentialités intrinsèques de production

Ces landes sont traditionnellement soumises à un pâturage extensif.

Axes de recherche

Absence de données.

Fiche du cahier d'habitats (format pdf)
Bibliographie

Bensettiti F., Boullet V., Chavaudret-Laborie C. & Deniaud J. (coord.), 2005. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 4 - Habitats agropastoraux. Volume 1. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 445 p. + cédérom. (Source)