4090-7 - Fruticées supraméditerranéennes de Corse

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Étage supraméditerranéen, compris entre 700 et 1 000 m sur les versants nord ; 900-1 300 m sur les versants sud.
Température moyenne annuelle de 10 à 13°C, précipitations moyennes annuelles de 800 à 1 500 mm, enneigement variable pouvant atteindre de trois à quatre mois.
Exposition à des insolations très intenses, associées à des vents fréquents et violents.
Saison sèche dépassant le mois, mais tempérée par des brouillards fréquents.
Substrat pentu, rocheux et siliceux (schistes, granites, rhyolites).
Sols discontinus constitués d’éléments grossiers ; pH : 5,2 à 6,2.

Variabilité

Diversité selon le substrat et la répartition géographique :
- sur la chaîne schisteuse du cap Corse et sur la partie nord-est du massif de Tenda ainsi que dans le nord du massif du San Petrone, fruticée à Genêt de Salzmann et Alysson herbe-à-Robert [Genisto-Alyssetum robertiani], sur des sols maigres, caillouteux où la roche affleure bien souvent ; distincte de l’association suivante par un ensemble d’espèces caractéristiques ou particulières, dont certaines sont des espèces corsosardes ou corses : Genêt de Salzmann (Genista salzmannii var. salzmannii), Alysson herbe-à-Robert (Alyssum robertianum), Euphorbe épineuse (Euphorbia spinosa) ;
- sur tout l’étage supraméditerranéen de la Corse sauf dans l’aire de l’association précédente : fruticée à Immortelle d’Italie et Genêt de Salzmann [Helichryso italici-Genistetum salzmannii], dans des conditions écologiques semblables à la précédente mais sur des massifs bien plus élevés et s’en distinguant par les espèces suivantes : Immortelle d’Italie (Helichrysum italicum subsp. italicum), Genêt faux-lobel (Genista salzmannii var. lobelioides), Silène à peu de fleurs (Silene nodulosa), Peucédan en panicule (Peucedanum officinale subsp. paniculatum), Crucianelle à feuilles étroites (Crucianella angustifolia)…

Physionomie, structure

Dominance marquée par des nanophanérophytes et des chaméphytes en coussinets dont certains sont épineux ; hauteur de 0,1 à 0,6 m, recouvrement de 40 à 70 %.
Composé d’espèces peu exigeantes en ce qui concerne le sol.
Sélection des espèces par présence régulière des troupeaux et développement de plantes toxiques et épineuses constituant des refus.

Confusions possibles

Localement aucune.

Dynamique

Spontanée :
Évolution régressive vers des pelouses à vivaces (où les thérophytes sont très limités) par érosion des sols et pâturage [Caricion caryophyllae, code UE : 6170].
Formation possible de fruticées hautes, maquis à bruyères et évolution vers des forêts de Pin laricio (Pinus nigra subsp. laricio) à sous-bois dense de bruyères [Galio-Pinetum laricii subass. ericetosum arboreae] là où les sols sont peu épais ou dégradés. Dans les secteurs où les chênes, Chêne pubescent (Quercus humilis) et Chêne sessile (Quercus petraea), sont présents et où les sols sont profonds, on voit apparaître des forêts de chênes à feuillage caduc [Quercion pubescenti-sessiliflorae].

Liée à la gestion :
Extension de l’aire de répartition par déboisement intensif.

Habitats associés ou en contact

Chênaies vertes supraméditerranéennes [Ilici aquifoliae-Quercetum illicis, alliance du Quercion ilicis, code Corine : 41.714].
Chênaies caducifoliées à Chêne pubescent et Chêne sessile [Oenantho-Quercetum pubescenti-petraea, alliance du Quercion pubescenti-sessiliflorae, code Corine : 41.72].
Fruticées de recolonisation forestière [Prunetalia spinosae, code Corine : 31.81].
Maquis à Bruyère arborescente (Erica arborea), sans Arbousier (Arbutus unedo) [Ericion arboreae, code Corine : 32.3].
Pelouses acidiphiles méso-xérophiles montagnardes de la Corse [Sagino piliferae-Caricetum insularis, alliance du Caricion caryophyllae, code UE : 6170].
Pelouses hygrophiles sur sols peu épais et temporairement humides [Isoetion durieui, code UE : 3170*].

Répartition géographique

Fruticée à Genêt de Salzmann et Alysson herbe-à-Robert : sur la chaîne schisteuse du cap Corse. Cette association est plus discrète sur la partie nord-est du massif de Tenda et dans le nord du massif du San Petrone où elle est ici appauvrie de certaines espèces (Alysson herbe-à-Robert, Violette de Corse…).
Fruticée à Immortelle d’Italie et Genêt de Salzmann : sur tout l’étage supraméditerranéen de la Corse sauf dans l’aire de l’association précédente, depuis le massif de Tenda jusqu’à la montagne de Cagna.

Valeur écologique et biologique

Habitat ne présentant pas de caractère de rareté, actuellement répandu sur une grande surface de l’étage supraméditerranéen des montagnes corses.
Dans la région du Niolu, il faut noter l’existence d’un faciès à Genévrier thurifère (Juniperus thurifera). Localisé en Corse, cet arbuste n’est représenté ici que par des individus isolés épars au sein des fruticées.

États de conservation

États à privilégier :
Certains faciès ou variantes méritent une attention plus particulière : -dans la région du Niolu, faciès à Genévrier thurifère ; -dans le massif rhyolitique du Cintu, variante à Fétuque de Gamisans (Festuca gamisansii), graminée endémique de Corse.
Autres états observables :
À noter des faciès : -à Fougère aigle (Pteridium aquilinum), sur sol encore très épais ; -à Prunellier (Prunus spinosa), correspondant à un stade évolutif vers des fruticées hautes ; -à Genêt de Corse (Genista corsica), relativement thermophile ; -à Carline en corymbe (Carlina corymbosa), représentatif des secteurs surpâturés à grande fréquentation de bétail ; -à Genêt de Salzmann, lié au sol peu épais.

Tendances et menaces

La pression anthropique (coupes, incendies, pâturage…) a permis l’extension de ce groupement aux dépens des massifs boisés de l’étage supraméditerranéen.
L’abandon de la pâture provoque une fermeture du milieu avec un développement massif du Genêt de Salzmann et progressivement une formation arborée à Pin laricio.
Lorsque ce groupement est installé en bordure de forêts de Pin laricio, ces formations sont directement colonisées par des pins.

Potentialités intrinsèques de production

Habitat développé sur des sols peu profonds résultant d’une érosion intense accentuée par le phénomène du surpâturage.
La dominance des buissons bas épineux (nanophanérophytes et chaméphytes) est vraisemblablement issue du pâturage sélectif réalisé par les animaux qui délaissent les épineux et pâturent les espèces herbacées.

Axes de recherche

Absence de données.

Fiche du cahier d'habitats (format pdf)
Bibliographie

Bensettiti F., Boullet V., Chavaudret-Laborie C. & Deniaud J. (coord.), 2005. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 4 - Habitats agropastoraux. Volume 1. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 445 p. + cédérom. (Source)