9340-12 - Yeuseraies corses à Houx

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Type d’habitat caractéristique de l’étage supraméditerranéen et du montagnard inférieur ; entre 800 m et 1 100 m.
Recherche les expositions à l’ouest et au sud, plus rarement installé en ubac.
Installé sur substrats siliceux (granite, rhyolithe, roches métomorphiques…).
Sols peu évolués compte tenu du climat, souvent superficiels, riches en éléments grossiers ; parfois directement sur des chaos granitiques.

Variabilité

Variations selon les conditions de bilan hydrique :
Conditions relativement sèches de basse altitude ou de sols superficiels avec Chêne pubescent (Quercus pubescens), Frêne à fleurs (Fraxinus ornus), Bruyère arborescente (Erica arborea).
Conditions plus fraîches en altitude ou dans des situations déprimées avec le Hêtre, l’Aspidium à soies (Polystichum setiferum), la Sanicle d’Europe (Sanicula europaea), le Géranium noueux (Geranium nodosum).

Variations selon le niveau trophique :
- variante acidiphile pauvre en espèces ;
- variante plus neutrophile à Géranium noueux (Geranium nodosum), Sanicle d’Europe (Sanicula europaea).

Physionomie, structure

La strate arborescente dominée par le Chêne vert accompagné du Frêne à fleurs, du Hêtre, du Chêne pubescent… selon l’altitude atteint 8 à 18 m avec un recouvrement de 70 à 100 %. La strate arbustive avec le Houx, la Bruyère arborescente, l’Aubépine, s’élève de 0,3 à 5 m avec un recouvrement très variable selon la densité du couvert (5 à 50 %). La strate herbacée (avec Asplenium onopteris, Cyclamen repandum, C. hederifolium, Galium rotundifolium…) est plus ou moins dispersée (3 à 25 %).

Confusions possibles

Avec la chênaie verte mésoméditerranéenne contiguë, à plus basse altitude ou sur des éperons rocheux à proximité qui se distingue par l’abondance des espèces mésoméditerranéennes pratiquement absentes dans la yeuseraie à Houx.

Dynamique

Naturelle, de reconstitution :
- type d’habitat climacique sur des sols superficiels (stations primaires) ;
- sinon dérive de la destruction ancienne de chênaies caducifoliées (à Chêne pubescent et Chêne sessile ou à Hêtre).
—› Stations secondaires.
Cf. schéma cahier d'habitat.

Habitats associés ou en contact

Yeuseraie à Galium scabrum à la partie inférieure (contact avec le mésoméditerranéen) (UE : 9340).
Hêtraie, sapinière-hêtraie ou forêt de Pin laricio (UE : 9530).
Chênaie pubescente en reconstitution.
Châtaigneraies (UE : 9260).
Aulnaies riveraines (UE : 92AO).
Fruticées basses à Immortelle d’Italie et Genêt de Salzmann.
Maquis à Bruyère arborescente, Bruyère à balais, à Genêt à balais.
Ptéridaies.
Pelouses à Trifolium campestre et Carex caryophyllea.
Parois rocheuses à Sedum brevifolium, Dianthus sylvestris subsp. godronianus (UE : 8210).
Pineraies de Pin maritime (UE : 9540).

Répartition géographique

Répandu sur l’ensemble de la Corse.
Beaux massifs dans les zones du Tenda, du San Petrone, du Cinto, du Renoso, de l’Incudine et de Cagna.

Valeur écologique et biologique

Grand intérêt des stations primaires en situations marginales. Les forêts de substitution présentent un intérêt moindre.

États de conservation

États à privilégier :
Les yeuseraies installées en situations marginales (sur sols superficiels).
Futaies fermées.
Futaies claires avec espèces du maquis.

Autres états observables :
Taillis de chêne vert plus ou moins denses.

Tendances et menaces

Type d’habitat tendant à s’étendre par maturation lente de certains maquis et du fait de l’abandon quasi général du pâturage organisé. Par contre impact sur la végétation herbacée et les essences forestières (semis, rejets) des pacages porcins et pâturage bovin.

Potentialités intrinsèques de production

À noter la productivité moyenne à forte des yeuseraies corses (2,5 m3/ha/an en moyenne mais pouvant atteindre 6 m3/ha/an, source IFN).
Le bois de chêne vert est très prisé comme bois de chauffage. La forme des arbres, souvent médiocre, ne présente pas d’inconvénients pour ce débouché.
Les bois de chênes des futaies sont commercialisés en bois de chauffage, mais ils pourraient être valorisés en produits artisanaux.
Possibilité de valorisation indirecte par le tourisme quand les arbres sont imposants et célèbres.

Axes de recherche

Suivi des évolutions vers les forêts caducifoliées. Expérimentations sur le maintien de la capacité à rejeter des taillis de Chêne vert vieillis.
Expérimentations sur la conversion en taillis sous futaie.
Expérimentations sur les différents modes d’exploitation du taillis pour préserver et rajeunir les souches.
Étude de l’influence de la mycorhization sur la régénération du Chêne vert.
Essais de production de bois d’œuvre dans futaies de belles venues.
Étude de la faune associée à l’yeuseraie à tous les stades de sa dynamique.

Bibliographie

Bensettiti F., Rameau J.-C. & Chevallier H. (coord.), 2001. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 1 - Habitats forestiers. Volume 2. MATE/MAP/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 423 p. + cédérom. (Source)