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ZNIEFF 310009329
Haute vallée de l’Helpe majeure entre Wallers-Trélon et le lac du Val-Joly

(n° régional : 00760009)

Commentaires généraux

Site de vallée bocagère parcouru d’un réseau lâche de haies et de bosquets, débouchant sur la queue de l’étang du Val-Joly. La vocation herbagère est une constante du site, au contraire d’un certain nombre de sites environnants à vocation forestière. Le relief est relativement accentué et l’on passe rapidement de talus schisteux à des prairies plus ou moins inondables, puis à des végétations hélophytiques et enfin aux végétations aquatiques de l’Helpe majeure et des plans d’eau. L’empreinte humaine est forte sur ce site, en particulier à hauteur du lac du Val-Joly où les projets touristiques génèrent des enjeux s’opposant parfois aux enjeux écologiques. Dans le reste de la vallée, la mutation agricole du vingtième siècle a entraîné l’abandon des parcelles les moins productives et l’intensification des pratiques sur les parcelles les plus accessibles et aux sols plus riches (intrants, charge de pâturage). Des plantations de feuillus et de résineux sur les parcelles les moins productives ont détruit certains éléments patrimoniaux majeurs (en particulier une prairie à Cirse anglais (Cirsium dissectum) en bordure de l’étang de la Scierie). Malgré une dégradation certaine de sa valeur patrimoniale dans les dernières décennies, ce site demeure d’un grand intérêt floristique et phytocénotique. On y observe encore, mais de manière fragmentaire, une séquence très intéressante de végétations oligomésotrophiles avec, de l’amont à l’aval : une pelouse très originale à Thymus pulegioides et Dianthus armeria (cf. Alysso alyssoidis - Sedion albi) hébergeant Genista tinctoria, Cuscuta epithymum, Dianthus armeria, Potentilla argentea, Sedum forsterianum, Trifolium medium, associée à une communauté annuelle à Draba muralis et Barbarea intermedia (cf. Drabo muralis - Cardaminion hirsutae) ; une des rares stations relictuelles de la Pelouse-ourlet à Succise des prés et Silaüs des prés (Succiso pratensis - Silaetum silai), avec Genista tinctoria, Achillea ptarmica, Trifolium medium, Colchicum autumnale et Bromus racemosus, associée à une végétation thérophytique à Anagallis minima et Isolepis setacea (Centunculo minimi - Radioletum linoidis fragmentaire) ; des fragments de la Prairie à Sélin à feuilles de carvi et Jonc à fleurs aiguës (Selino carvifoliae - Juncetum acutiflori), soulignée par la présence de Selinum carvifolia ; les potentialités de restauration de cette prairie rarissime sont encore réelles et à souligner pour susciter des mesures de gestion conservatoire, prioritaires au regard de degré de menace qui pèse sur cet habitat et d’autres similaires (le suivant notamment) et ce, sur un site faisant partiellement partie d’une zone spéciale de conservation du réseau Natura 2000 au sein du Parc naturel régional de l’Avesnois probablement la Prairie à Jonc aggloméré et Scorsonère humble (Junco conglomerati - Scorzoneretum humilis), signalée encore récemment sur le site et qui serait à rechercher, en particulier au lieu-dit les Roquettes (Commune de Baives). Les végétations prairiales et associées (ourlets, mégaphorbiaies, cariçaies) sont également bien exprimées en une séquence intéressante allant, dans le cas des prairies de fauche, du Centaureo jaceae - Arrhenatherenion elatioris à l’Oenanthion fistulosae. En bordure des plans d’eau et de l’Helpe majeure, les végétations amphibies et aquatiques semblent avoir souffert d’une eutrophisation des eaux (avec un envasement important notamment, déjà perceptible lors du premier inventaire dans les années 1990) mais conservent un intérêt patrimonial certain : phalaridaie rivulaire (Groupement à Rorippa amphibia et Phalaris arundinacea), cariçaie à Laîche vésiculeuse (Carex vesicaria) (cf. Caricetum vesicariae) de queue d’étang, herbier à Potamogeton lucens (Potametum lucentis) dans le lac du Val-Joly, etc. Près d’une cinquantaine de plantes déterminantes de ZNIEFF ont été recensées sur le site (dont une vingtaine protégée régionalement). Cette nouvelle ZNIEFF reprend les contours de la haute vallée de l'Helpe majeure qui correspond à une entité écologique plus pertinente ainsi qu'à la prise en compte de données supplémentaires sur ce secteur concernant l'entomofaune et particulièrement l'odonatofaune et la rhopalofaune. Les espèces de Rhopalocères et d’Odonates listées ne sont pas nécessairement régulières sur le site mais sont néanmoins présentes dans la liste puisqu’observées au moins une fois pendant la période. Les vallons humides et les prairies le long de l'Helpe mineur retiennent la plupart des espèces de rhopalocères remarquables de cette ZNIEFF qui accueille 18 espèces déterminantes. Parmi elles on retrouve les espèces liées aux zones de prairies le long des vallons humides : Carcharodus alceae (R au niveau régional), Heodes tityrus R au niveau régional et Cyaniris semiargus. Coenonympha arcania (RR au niveau régional) dont l'essentiel de la population régionale se situe dans les massifs qui jouxtent la vallée est en régression dans la partie septentrionale de son aire de répartition (LAFRANCHIS, 2000). Brenthis ino (AR au niveau régional) est lié aux prairies à Filipendula ulmaria. Parmi les espèces liées à l'Helpe majeure il faut noter la présence de Calopteryx virgo et Gomphus vulgatissimus, rare au niveau régional et localisée à l'est de l'Avesnois pour laquelle des preuves d'autochtonie certaine sont régulièrement notées. Cette ZNIEFF constitue pour cette espèce un des secteurs les plus importants car elle concentre la majeure partie de la population régionale. L'étang de la scierie concentre les autres espèces d'odonates liées aux milieux d'eau stagnante. Epitheca bimaculata espèce rare en Nord Pas de Calais (GODIN et al, 2003) donne des indices d'autochtonie certaine en 2000, 2002 et 2003. 6 espèces d'Orthoptères principalement liées aux prairies et lisières ont également été répertoriées et parmi elles Stetophyma grossum, inféodé aux prairies hygrophiles. il est assez rare dans la région et est considéré comme menacé partout en Nord-Pas-de-Calais par la régression des biotopes humides (DEFAUT, 2001). Conocephalus dorsalis est assez commun dans la région Nord – Pas de Calais mais en priorité 2 dans la liste rouge de DEFAUT et SARDET (DEFAUT et SARDET, 2004) dans le domaine biogéographique concerné par la région. Chez les oiseaux, La Gorgebleue à miroir fréquente les roselières buissonnantes elle est présente dans le sud de la ZNIEFF. Cette ZNIEFF constitue l'un des derniers bastions régionaux pour les deux espèces de Pie grièche au niveau régional, celle-ci occupant les zones de bocages en lisière de la forêt. Celle-ci et les ZNIEFF contiguës à la frontière sud sont les derniers secteurs régionaux où les deux espèces nichent. Cela leur confère une importance particulière au niveau régional. A noter que la dynamique régionale de la Pie grièche grise est particulièrement alarmante en région puisque l'espèce n'a pas été citée nicheuse en 2009. L'Avesnois est le secteur principal de reproduction de la Grive litorne dans la région où elle colonise les secteurs de vallées humides situées près de boqueteaux. La vallée de l'Helpe majeure est un des bastions de l'espèce dans l'Avesnois (TOMBAL, 1996). Les ZNIEFF présentes sur le territoire des vallées de l’Helpe Majeure et de l'Helpe Mineure sont susceptibles d’accueillir d’autres espèces piscicoles particulières non reprises dans la liste des espèces déterminantes du Nord – Pas-de-Calais, notamment le Hotu (Chondrostoma nasus) et le Barbeau fluviatile (Barbus barbus) échantillonnés sur ces cours d’eau.

Commentaires sur la délimitation

Le site correspond au cours supérieur de l’Helpe majeure, entre Wallers-Trélon et le lac du Val-Joly. Le paysage est un bocage alluvial limité par des talus schisteux bordant la vallée.

Ce site résulte de la fusion de trois ZNIEFF de première génération (076-09, 076-10 et 076-18), afin de tenir compte de la cohérence et de la dépendance écosystémiques de ces sites situés dans la vallée de l’Helpe majeure en amont du lac du Val-Joly.